Chez les chercheurs toulousains... - La Machine à Café
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Chez les chercheurs toulousains…

Prenez deux laboratoires de recherche en physique fondamentale.

Dans le premier chacun a sa bouilloire ou sa Senseo dans son bureau. Pratique, le breuvage est toujours sous la main, il n’y a qu’à tendre le bras sans presque avoir à interrompre sa réflexion.

Dans le second labo, jouissant d’une configuration similaire (ils sont voisins, une architecture comparable, le même nombre de chercheurs·euses), le café est devenu institutionnel. Chacun y met annuellement de sa poche à hauteur de sa consommation estimée (gros, moyen, petit buveur, buveur occasionnel) et le labo complète.

La machine à café est de qualité, elle est devenue un lieu de rencontre, les discussions y sont nombreuses, souvent professionnelles mais pas seulement. Le café est bon, et si on ne l’aime pas, d’autres boissons sont proposées. Un tableau noir vient d’y être installé pour agrémenter le café de quelques équations et discussions scientifiques qui parfois s’éternisent…

Les questions qui viennent alors sont : y a-t-il d’autres différences entre ces deux labos ? Peut-on risquer un lien entre cette approche du café et une éventuelle qualité de communication interne ?

Un chercheur qui aime le café nous répond :

« Cette salle café est effectivement une institution. Lorsque la machine doit être changée ou réparée, qu’un nouveau fournisseur de café en grains est envisagé, le sujet devient alors véritablement brulant… Des sondages et débats sont organisés pour converger vers la solution pouvant satisfaire la majorité, mais tout le monde est rarement content du résultat, et les ronchons veillent au grain… un temps seulement, et comme dans le village gaulois, le calme et la félicité reviennent très vite car dans la salle café, il fait bon, ça sent bon, les voix s’élèvent et on y est bien.

Bref, une expérience communautaire réussie autour d’un projet commun : boire du bon café avec ses collègues (qui ne sont pas nécessairement amis…). Les quelques récalcitrants qui ne boivent ni thé ni café sont un peu les fantômes du labo, jamais au courant de rien, un peu marginalisés…

Examinons maintenant « l’autre labo » dans lequel le café est totalement individualisé, et où l’ambiance est bien moins sympathique. Qui est la poule et l’œuf dans cette histoire ? Je veux dire : quel est le point d’entrée dans le cercle : mauvaise ambiance => pas de convivialité autour du café => mauvaise ambiance…? […] Mais si nos jeunes labos (20-30 ans) avaient été créés autour d’une bonne salle café, le cercle n’en serait-il pas naturellement vertueux : salle café conviviale => bonne ambiance de labo => j’aime aller à la salle café… ?

Pour ma part si j’avais un labo à construire, je commencerais par la salle café. »

 

Ce témoignage est riche d’idées ou de pistes de réflexion :

« Un tableau noir vient d’y être installé ». Cet élément a été ajouté par mon ami chercheur. Et je le trouve symptomatique d’une profonde compréhension de ce qui se joue autour d’une machine à café : c’est aussi un lieu de travail.

« Les quelques récalcitrants […] un peu marginalisés ». Il y a là un point important : il n’existe pas de solution idéale, mais par contre ce constat ne devrait-il pas amener à se demander comment intéresser « les récalcitrants » ou doit-on forcément chercher à intégrer les personnes qui ne le souhaitent pas ?

« On y est bien ». Pourquoi s’interdire d’être bien dans sa boîte ? La salle café est un facteur de bien être…

« Qui de la poule ou l’œuf ? » ? Certes la question est pertinente, mais elle peut se résumer à comment transformer le cercle vicieux en cercle vertueux ?

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